Addendum -
Démocratie à l'ère des mondes disjoints
© Yves Borgeaud
Éducateur social, travailleur social en milieu scolaire, essayiste, initiateur des cercles Pré de Vert
Addendum aux premiers exemplaires de démocratie à l’ère des mondes disjoints
! Ces textes complètent des chapitres du livre et sont proposés à titre de précisions ou d'approfondissement.
Lu isolément, ils sont hors contexte et ne reflètent qu'une toute petite partie du raisonnement développé dans l'ouvrage !
Note aux lectrices.eurs,
Démocratie à l'ère des mondes disjoints est une réflexion en chemin. À l'image du monde qu'elle cherche à comprendre,
elle ne peut prétendre être définitivement achevée.
Cette page rassemble les compléments, précisions et approfondissements apportés aux premières éditions de l'ouvrage.
Elle est mise à jour au fil de l'évolution de ma réflexion, des échanges avec les lecteurs et des questions soulevées par l'expérience.
Les textes présentés ici complètent certains passages du livre. Pris isolément, ils ne reflètent qu'une partie du raisonnement
développé dans l'ouvrage et doivent être lus dans le contexte plus large de celui-ci.
Si vos lectures suscitent des remarques, des questions ou des désaccords féconds, je les accueillerai avec intérêt.
Ces échanges contribuent à faire vivre cette réflexion et m'aident à maintenir ces compléments aussi pertinents et à jour que possible.
Merci pour votre lecture et au plaisir de poursuivre cette réflexion avec vous.
Paragraphe à ajouter – p.148 – fin du point 6 :
Cette difficulté ne se limite pas aux débats eux-mêmes. Elle peut également affecter la
participation démocratique. Lorsque des individus ont le sentiment que les récits dominants,
les institutions ou les espaces de discussion ne correspondent plus à leur expérience du réel,
ils peuvent progressivement cesser de s’y reconnaître. Le retrait de la participation ne traduit
alors pas nécessairement un désintérêt pour la démocratie, mais parfois une difficulté plus
profonde : celle de trouver sa place dans un monde commun qui ne semble plus réellement
commun.
Paragraphe à remplacer - p.155 – milieu de page :
Il est en outre vécu, le plus souvent sans en avoir conscience ou que de manière
fragmentaire, et sans précédent historique directement mobilisable pour guider son
intégration.
Paragraphe à remplacer - p.214 – milieu de page :
Oublier cette profondeur — cosmique, historique et humaine — nous conduit à rétrécir nos
imaginaires, comme si ce qui nous dépasse devait être tenu à distance plutôt qu’approché,
éprouvé et habité dans ses parts accessibles, avec discernement.
Paragraphe à remplacer - p.232 – bas de page :
Dans ce contexte, toute tentative d’ajustement ou de mise en nuance semblait impossible :
le sens paraissait figé dans une évidence indiscutable, s’imposant à toutes les situations,
même les plus singulières, et reléguant certaines sensibilités ainsi que certains besoins
psychiques et physiologiques hors du cadre commun, au rang d’écart — voire de déviance.
Paragraphe à remplacer - p.243 – bas de page : Transdirection humaine
Mouvement par lequel la conscience humaine apprend à dépasser des cadres devenus trop
étroits, non par rupture brutale ni par imposition d’une direction unique, mais par un
déplacement progressif vers des formes de relation plus intégratives, transversales et non
réductrices.
Elle désigne un changement de rapport aux directions du sens : la capacité de reconnaître
et de mettre en relation des trajectoires humaines différentes — issues de niveaux de
conscience différenciés — sans les réduire à une idéologie unique.
Ce mouvement ne se déploie pas de manière homogène : certaines consciences
franchissent des seuils que d’autres n’abordent pas. Il ne suit aucune direction unique, mais
s’inscrit dans une pluralité d’expériences, où des formes émergent, sont éprouvées, puis
reprises ou abandonnées. Leur portée ne peut être posée d’avance — elle se révèle dans
l’expérience elle-même.
Note complémentaire - p.244-245
Les distinctions proposées dans ce texte peuvent donner l’impression qu’une personne se
situe de manière stable dans un seul paradigme.
En réalité, l’expérience humaine est souvent plus nuancée.
Même lorsqu’un déplacement paradigmatique semble avoir été intégré, il coexiste
généralement, en chacun, différentes manières d’habiter le réel, issues de l’histoire
personnelle, des contextes vécus et des niveaux de maturation intérieure.
Il n’est pas rare qu’une personne puisse, selon les situations, percevoir depuis un cadre
élargi, tout en réagissant, à d’autres moments, depuis des structures plus anciennes.
Ainsi, les paradigmes ne se succèdent pas toujours de manière linéaire, mais cohabitent
souvent en nous, avec des degrés de stabilisation variables.
Les distinctions proposées ici ne visent donc pas à figer les individus, mais à rendre
perceptibles certaines dynamiques à l’œuvre, tout en laissant place à la complexité réelle des
cheminements humains.
© Copyright Yves Borgeaud, 2026 Version du 11 septembre 2026
Yves Borgeaud est éducateur social et essayiste.
Son travail se situe à l'intersection du réel social, des mondes intérieurs et de la pensée complexe.
Auteur de Démocratie à l'ère des mondes disjoints
et de La pensée pérenne.



